Haro sur les passeurs !

Haro sur les passeurs !

boatpeople

La colère gronde contre les passeurs qui assurent les liaisons maritimes entre la Libye et l'île italienne de Lampedusa. Les passagers se plaignent des tarifs prohibitifs et de l'inconfort à bord, tant au niveau des couchages que de la restauration, sans parler de l’accueil des handicapés. Des problèmes de sécurité, également, comme la semaine dernière, quand un bateau a coulé lorsque les passagers se sont tous précipités sur le même bord à l'approche d'un autre navire. Les gouvernements européens sont allés jusqu'à traiter les passeurs de traficants d'être humains.

Les passeurs, de jeunes Libyens d'une vingtaine d'année qui dans un pays dévasté et sans perspectives d'emploi ont trouvé là un travail, rémunérateur certes, mais très dangereux, un métier où ils risquent leur vie à chaque passage, alors que les migrants ne voyagent qu'une fois, et prétendre qu'ils font couler délibérément leurs vaisseaux est un mensonge occidental éhonté qui vise à éluder les vraies questions. De tout temps il y a eu des passeurs, pendant la deuxième guerre mondiale, par les Pyrénées par où quittaient la France les Juifs, les résistants et les opposants au régime de Vichy. S'en prendre aux passeurs aujourd'hui est lâche, c'est refuser de répondre à la question suivante : Sommes-nous prêts à accueillir en Europe quelques dizaines ou centaines de millions d'Africains musulmans, subsahariens ou maghrébins ?

La fiction

L'Europe a pris la mesure du problème et va examiner les solutions permettant d'acheminer les migrants dans des conditions dignes.
Dans l'immédiat, plusieurs pistes sont à l'étude :
- homologation et contrôle technique des bateaux
- formation des équipages
- respect de l'environnement, en particulier, il sera interdit de jeter des passagers à la mer.
Napoléon_Bonaparte,_SNCMParallèlement, la France réfléchit à d'autres solutions :
- au niveau du transport, la SNCM, très déficitaire sur les trajets Corse-Continent, mais qui dispose de nombreux bateaux, pourrait se refaire une santé dans le service passager Libye Italie : les carferries assureraient le trafic passager dans le sens Libye Europe, et le trafic fret (voitures et camions volés) dans le sens Europe Afrique. D'une pierre deux coups !
- au niveau de la sécurité, les porte-hélicoptères Mistral, commandés par la Russie, et que François Hollande a refusé de livrer, feront parfaitement l'affaire.

La réalité

20846Je plaisantais, j'espère que vous l'avez compris, c'est le contraire qui est en train de se passer. Si l'union européenne a décidé de tripler le budget destiné à sauver les passagers à bord de bateaux en difficulté, c'est avant tout pour empêcher les bateaux de quitter le Libye. On parle de blocus, et j'ai même entendu qu'il était envisagé de couler les bateaux, comme le proposait l'éditorialiste du Sun, Katie Hopkins.
Parallèlement aucun accord n'a été trouvé entre les pays Européens pour accueillir ces immigrants.

Et si on posait les vraies questions ?

Une fois de plus, pas plus qu'on n'apporte pas de réponse à cette situation de crise, on refuse aussi de poser le problème et les vraies questions, les questions de fond :

Première question : pourquoi tant de migrants traversent-t-ils la Méditerranée ?
C'est le principe physique des vases communicants renforcé par le principe chimique de la pression osmotique :
Les Africains quittent leur pays parce qu'ils n'y trouvent pas de travail suffisamment rémunéré, parce qu'ils sont dans des zones insécures et parce que leurs proches qui ont rejoint l'Europe leur ont dit qu'ils y seront bien accueillis, qu'ils pourront facilement trouver un travail, parfois clandestin, et que faute de travail (ou en plus du salaire de leur travail) ils percevront un revenu minimal, parce qu'ils seront logés, soignés gratuitement et que leurs enfants pourront aller à l'école et à l'université, gratuitement aussi.
Mais au-delà de ces clichés, ils aspirent à vivre dans une société de droit, une société policée et sociale où le respect de l'individu passe avant tout, ce qui n'est pas toujours le cas dans leur pays d'origine. Contrairement aux idées reçues, ils ne viennent pas en Europe pour le RSA ou la CMU, ils y viennent pour travailler. Et les statistiques montrent que ces nouveaux immigrés s'intègrent beaucoup mieux et élèvent mieux leurs enfants que les jeunes de la deuxième ou troisième génération, ces enfants des travailleurs immigrés venus en France dans la deuxième moitié du 20ème siècle, et formés à l'école de la République, les Merah, Kouachi, Koulibaly...

Deuxième question : Voulons-nous laisser ces immigrants venir s'installer en France et sommes-nous prêts à mettre les moyens nécessaires pour les accueillir ?

Ceux qui ont intérêt à la venue de ces immigrants :

- les entreprises de main d'oeuvre, le entreprises de bâtiment, les sociétés de nettoyage, les restaurateurs, les ateliers officiels ou clandestins,
- les riches, pour les mêmes raisons, une main d'oeuvre bon marché,
- les propriétaires immobiliers, les “marchands de sommeil”, surtout en région parisienne, car l'afflux de population tire les loyers vers le haut, et il est facile de louer une petite surface sans bail et à un prix exhorbitant à un immigré de fraîche date peu informé de ses droits,
- les associations humanitaires, par idéal, une partie de la mouvance politique de gauche, par idéal et par intérêt,
- la communauté musulmane, car plus vite le nombre de musulmans en France dépassera le nombre de chrétiens, de juifs et d'athées, plus vite un état islamique (ou islamiste) pourra voir le jour.

Ceux qui n'ont pas intérêt à la venue de ces immigrants :

- les ouvriers, en raison de la concurrence au niveau des postes et des salaires,
- les “français de souche” et tous les immigrés non musulmans, qui voient s'approcher à grand pas le jour où la France sera soumise aux règles de l'Islam,
- la classe moyenne, tous ceux qui gagnent de 1,5 fois à 10 fois le SMIC, les fonctionnaires, les retraités, car ils seront les premiers sollicités pour venir à l'aide des nouveaux arrivants, par le gel des salaires et des retraites, par l'augmentation des impôts et des cotisations sociales.

camus-nantes-remigrationJe ne pense pas que la venue de ces immigrants soit un fardeau au niveau économique pour nos pays, pour l'Europe. L'Allemagne a un déficit de naissances, une pyramide des âges inquiétante et un besoin de main d'oeuvre jeune. Ces gens qui viennent chez nous ont envie de travailler, de réussir leur vie et celle de leurs enfants, ils ont envie de les élever, de leur faire suivre des études afin qu'ils apprennent un bon métier. Ils n'ont pas encore été pollués par l'enseignement public de la République, par la loi des cités, par les trafics, par l'enseignement du djihadisme pratiqué dans nos prisons. Ils sont tout neufs, tout frais, prêts à s'intégrer et à apprendre.

Au niveau sociologique, la question est tout autre, la question, c'est celle du grand remplacement, évoquée pour la première fois par  Renaud Camus en 2010 et reprise par Jean-Marie Le Pen, par des journalistes comme Éric Zemmour et Ivan Rioufol, ou encore par des magazines comme Valeurs actuelles et Causeur. C'est une vraie question, et le fait qu'elle soit posée par des personnalités d'extrême droite n'est pas une raison pour ne pas y répondre.

Je propose quelques pistes :

1) Accueillons-les migrants dignement, proposons-leur un travail, offrons-leur un logement et une école pour leurs enfants, pas dans ces cités nids d'islamistes, mais dans de petits immeubles intégrés dans des villes où il y a peu d'immigrés et un besoin de main d'oeuvre.

2) Raccompagnons les migrants d'où ils viennent, la côte Libyenne, avec ménagement. Les candidats au voyage qu'ils retrouveront là-bas verront que ça ne sert à rien d'essayer de traverser puisqu'on est raccompagné à chaque fois.

3) Faisons le tri, et à ne garder que ceux que nous voulons. Prioirité aux chrétiens, aux personnes parlant le français, sachant lire et écrire, ayant une qualification... Une solution peu charitable et ça me fait penser à un marché aux esclaves...

Au regard de l'enjeu, qui est, je le répète, le grand remplacement, l'Europe doit se positionner, décider, établir des règles claires et compréhensibles par tous. L'immigration zéro est un leurre, il faut permettre une immigration légale, contrôlée, avec des quotas raisonnables, pas trop bas pour ne pas encourager l'immigration clandestine, pas trop hauts pour permettre une meilleure intégration. Des moyens d'accueillir les immigrants légaux : logement, emploi, scolarisation. Mais aussi des moyens de renvoyer les illégaux d'où ils viennent. Que l'Angleterre se dote de moyens juridiques lui permettant d'expulser hors de l'Europe les immigrés clandestins qu'elle ne souhaite pas accueillir sur son sol, afin que cesse le cauchemar de Calais. Que la France trouve mieux que des tentes plantées dans les grandes avenues parisiennes pour accueillir les migrants. Que l'Europe se montre droite et ferme, mais digne et humaine. Aidons les Africains et pas les chefs d'états africains, allons expliquer, par des conférences, partout en Afrique, notre nouvelle politique d'immigration. Et construisons des usines en Afrique, des usines employant beaucoup de main d'oeuvre, des cités autour des usines, des écoles, mais j'arrête là, sinon je vrais prôner la recolonisation de l'Afrique.

© Denis Roques 2015

Quand réalise-t-on qu’on est vieux ?

firstjourney_1_innerbigQuand un jeune vous cède spontanément sa place dans le métro. On dit que les Parisiens sont égoïstes, ce n'est pas vrai. Et j'ai observé maintes fois que les premiers à se lever pour laisser leur place à une personne âgée ou à une femme enceinte sont les jeunes issus de l'immigration récente. Le respect des anciens est une tradition encore bien ancrée dans la culture musulmane. Respectez les gens et vous serez respectés...

Comment écoutez-vous la radio ?

radio300Il a fallu attendre les années 1920, avec la mise en service du premier émetteur de radio, le poste militaire de la tour Eiffel, pour voir la radio se développer en France. Les premières émissions étaient confidentielles, les auditeurs devaient confectionner eux-mêmes leurs récepteurs radio, les postes à galène. Et la radio n'a connu son véritable essor qu'à la fin des années 1930. Lors de la deuxième guerre mondiale, elle est devenue l'outil de communication de l'Allemagne nazie et des alliés (Radio Londres). Elle s'est fortement démocratisée à la fin des années 50 lors du lancement du "transistor" (récepteur radio utilisant des transistors et non plus des lampes radio).

La radio est arrivée bien après ces inventions modernes dont nous ne pourrions plus nous passer, comme le train, le téléphone, l'automobile et l'avion, qui l'ont précédé de plusieurs dizaines d'années. Et la télévision n'a attendu qu'une quinzaine d'années avant de montrer le bout de son nez puis de remplacer le poste de radio dans nos salons.

Mais la radio n'a pas été supplantée par la télévision, pas plus que par internet, et elle n'a cessé d'évoluer. Pour contrer le monopole d'Etat, des radios périphériques émettant en grandes ondes se sont implantées à nos frontières dans les années 1950 et connurent immédiatement un vif succès : RTL, Europe1, RMC, Sud-Radio. Le développement de la FM (modulation de fréquence) dans les années 1970, avec les émissions stéréophoniques de France Musique combla les audiophiles. Puis vinrent les radios libres, à la fin des années 1970, émettant en bande FM, légalisées en 1981, lorsque François Mitterrand libéralisa la radio et la télévision.

Après les grandes et les petites ondes et la FM, c'est l'heure du numérique. Une évolution achevée au niveau de la télévision, puisque la TNT (Télévision Numérique Terrestre) a remplacé la transmission en analogique. Il aurait été normal qu'une telle évolution suive (voire précède) au niveau de la radio, mais curieusement, en France, la RNT (Radio Numérique Terrestre) a pris beaucoup de retard. Alors que la Norvège coupera sa radio FM au profit de la RNT en 2017, les émissions en RNT n'ont été lancées officiellement qu'à Paris, Marseille et Nice (lancement pré-commercial à Lyon et à Lyon). Cependant les grandes radios, Radio France, RTL, Europe1, RMC... ont boudé le numérique, ce qui fait que les radios qui émettent sont les ethniques (Africa, Beur...), les religieuses (Notre Dame, Protestante, Judaïque, RCJ, Shalom...), les politiques (Courtoisie, Libertaire...).

Dommage que le gouvernement n'ait pas donné un coup de pouce à Radio France, cela aurait certainement poussé les grandes radios privées à emboîter le pas.

Une des raisons qui expliquent la réticence des diffuseurs est l'entrée en lice des webradios, ces radios numériques diffusées par internet.

La webradio est une solution intéressante, à condition de disposer d'un réseau WiFi ou 3G-4G, elle gagne du terrain, avec la commercialisation des postes de réception webradio, avec les applications comme TuneIn sur smartphone. On aurait pu imaginer que la télévision par box internet remplace la télévision hertzienne, mais il n'en a rien été, alors pourquoi ne pas faire maintenant avec la radio ce qu'on a fait avec la télévision ?

La radio en France serait-elle devenue un parent pauvre ?

les balayeuses “système Topaze”

50_1207303118_2Le conseil municipal de Saint-Quay-Portrieux a validé la décision d'achat d'une balayeuse municipale, pour remplacer l'ancienne, à bout de souffle. Balayeuse municipale, je ne peux pas m'empêcher de penser à la pièce de théâtre Topaze, de Marcel Pagnol, où Castel-Bénac, Conseiller municipal, fait acheter par la ville des balayeuses qu’il fournit lui-même, à des prix exorbitants, au travers de sociétés écran ou d'hommes de paille, comme le brave Topaze, professeur à la pension Muche. N'y voyez aucune critique de la municipalité, Saint-Quay-Portrieux n'a acheté qu'une balayeuse et pas cinquante, et Quelen n'est pas Castel-Bénac. Mais j'ai été très marqué par Marcel Pagnol, j'ai passé mon enfance dans ces collines qui lui étaient chères, le dimanche, j'allais à la messe à l'église de la Treille, son village, j'ai fréquenté le lycée Thiers, son lycée, et j'ai adoré ses pièces de théâtre, ses récits d'enfance et ses films. Aussi je profite de l'actualité pour vous soumettre la lecture ou la relecture des scènes VI et VII du premier acte. La pièce n'a pas vieilli, la prévarication et la corruption sont maintenant planétaires...

ACTE III. SCÈNE VI

Entre un vénérable vieillard. Il porte des favoris blancs comme un notaire de province. Toute sa personne est d'une éminente dignité. Il s'avance, l'air triste et noble, et salue Topaze cérémonieusement.

Le vénérable vieillard : J'ai le plaisir de parler à monsieur Topaze ?

Topaze : Oui, monsieur. En quoi puis-je vous servir ?

Le vénérable vieillard : En rien, monsieur. Ce n'est point pour vous demander votre aide mais pour vous offrir la mienne que je suis venu ici aujourd'hui.

Il s'assoit près du bureau.

Topaze : Je vous remercie par avance, monsieur, mais j'aimerais assez savoir qui vous êtes.

Le vénérable vieillard : Qui je suis ? Un vieux philosophe qui a la faiblesse de s'intéresser aux autres. Quant à mon nom, il importe peu. Venons-en au fait. Vous avez dû lire, avant-hier, dans une feuille publique, un écho qui contient une allusion assez nette à certaines affaires que vous avez traitées.

Topaze : Oui, monsieur. Il m’a semblé, en effet, que le pion douteux pouvait bien s'appliquer à moi-même, quoique je n'aie pas été révoqué pour une affaire de mœurs.

Le vénérable vieillard : Je l’admets mais il faut bien accorder un peu de fantaisie aux journalistes... Il n’en est pas moins vrai que vous avez fourni à la ville des balayeuses dites “système Topaze”. Or, ces véhicules sortent d'une maison italienne et vous n'êtes, en l'affaire, que le prête-nom de M. Castel-Bénac. Le directeur de ce journal a fait lui-même une enquête des plus sérieuses, et le numéro de demain doit révéler toute la combinaison à ses lecteurs. C'est ce numéro que je vous apporte. Voici.

Il tend un journal à Topaze. En première page, un titre énorme :  “Le scandale Topaze”. Tandis que Topaze, effaré, le parcourt, le vénérable vieillard l'observe.

Le vénérable vieillard : Quatre colonnes de preuves irréfutables ! Cinq cent mille exemplaires dans les rues demain matin.

Topaze : Avec ma photographie... Mais enfin, monsieur, pourquoi ces gens-là veulent-ils me perdre ?

Le vénérable vieillard, dignement : Monsieur, le premier devoir de la presse, c'est de veiller à la propreté morale et de dénoncer les abus. Je dirais même que c'est sa seule raison d'être. Enfin, vous voilà prévenu. Il se lève.

Topaze : Je vous remercie de votre démarche spontanée, quoique je n'en tire pas un grand avantage...

Un temps.

Le vénérable vieillard : Vous n'avez rien à me dire ?

Topaze : Non, monsieur. Que dire ?

Le vénérable vieillard (insinuant) : Je connais bien Vernickel, le directeur. Ne me chargerez-vous point d'une commission pour lui ?

Topaze : Dites-lui qu'il a raison et qu'il fait son devoir.

Le vénérable vieillard : Oh! voyons, monsieur, vous n'allez pas attendre que le scandale éclate? (Topaze répond par un geste de lassi­tude et d'impuissance.) Réfléchissez, monsieur, l'honneur est ce que nous avons de plus précieux et il vaut tous les sacrifices. Vernickel n'est pas une brute... Certain geste pourrait le toucher... Allons, monsieur, vous devinez ce qui vous reste à faire ?

Topaze : Monsieur, je n'ose vous comprendre.

Le vénérable vieillard (souriant) : Osez, monsieur... osez...

Topaze : Et vous croyez que si je fais ce geste, le numéro ne paraî­tra pas ?

Le vénérable vieillard : Je vous donne ma parole d'honneur que c'est un enterrement de première classe.

Topaze (perplexe) : De première classe?

Le vénérable vieillard : Allons, un peu de bonne volonté. Exécutez-vous.

Topaze, hagard : Tout de suite ?

Le vénérable vieillard : Ma foi, le plus tôt sera le mieux.

Topaze, même jeu : Quoi ? Devant vous ?

Le vénérable vieillard (joyeux) : Tiens, mais oui, parbleu !

Topaze : Monsieur, vous tenez donc à voir râler un de vos sem­blables ?

Le vénérable vieillard (débonnaire) : Mais qui vous oblige à râler ? C'est ce que je leur dis toujours. Pourquoi râler, puisque vous finirez par y passer comme les autres ? Mais non, ils râlent toujours, on dirait que ça les soulage !

Topaze (indigné) : Mais savez-vous bien, monsieur, que ce sang-froid ne vous fait pas honneur ? Oui, j'ai commis une faute grave, je le reconnais, je l'avoue. Oui, j'ai mérité un châtiment... Mais, cependant...

Castel-Bénac vient d'entrer. Il regarde Topaze, puis le vieux monsieur, puis Topaze.

SCÈNE VII

Castel-Bénac : Qu’est-ce que c’est?

Topaze : Cet homme a surpris nos secrets, et il exige que je me tue devant ses yeux.

Castel-Bénac :  Sans blague ?

Le vénérable vieillard : Mais non, je voulais...

Castel-Bénac : Combien?

Le vénérable vieillard : Vingt-cinq mille.

Il donne à Castel-Bénac le numéro du journal.

Topaze : Comment, monsieur...

Castel-Bénac : Taisez-vous, asseyez-vous, cher ami... (Il parcourt le journal) Bien. Est-ce que Vernickel sait que je suis dans le coup?

Le vénérable vieillard : Oui, mais il m’avait dit de m’adresser à M. Topaze.

Castel-Bénac : II n’est pas bête. “Allô, mademoiselle... Demandez-moi Vernickel à la Conscience Publique.” Dites donc, vénérable vieillard, ce n’est pas la première fois que vous faites du chantage ?

Le vénérable vieillard (froissé) : Oh! Monsieur… Ai-je l’air d’un débutant ? J’ai commencé avec Panama.

Castel-Bénac : Ça, c’était du beau travail.

Le vénérable vieillard : Ah, oui... Des députés, des ministres, pen­sez donc... Des gens très bien... J’en ai fait une quarantaine, et sans entendre seulement un mot grossier... Et pourtant, à cette époque-là, je n’avais pas encore le physique...

Castel-Bénac : “Allô?” Le physique, ce n’est rien, mais c’est le culot !

 Le vénérable vieillard : Eh bien, monsieur, ne croyez pas ça. Le physique, voyez-vous...

Castel-Bénac (au téléphone) : Bonjour, mon cher Vernickel... Pas mal, mon vieux, et vous-même ? Dites donc, il y a chez moi un vénérable vieillard qui vient de votre part. Je le trouve un peu cher. Oui, une petite réduction. Non, encore trop cher... Ce que je donne? Eh bien, je donne cinq francs, oui cent sous. Bon. Eh bien, mon cher, vous avez tort de menacer un vieil ami. Attendez une seconde... (à Topaze) Le dossier... (Topaze lui passe le dossier) Une petite histoire... (il lit sur une fiche) Vous avez peut-être connu un apprenti imprimeur qui s’enfuit de Melun en novembre 1894 en emportant la caisse de son patron ? Il fut condamné le 2 janvier 1898 par le tribunal correctionnel de Melun à treize mois de prison... Très curieux, hein ? Ah ! bon ! bon ! Un sim­ple malentendu, évidemment... Très vieille amitié, mais oui. Et votre pe­tit Victor va bien ? Oui, c’est à cet âge-là qu’ils sont le plus intéressants... Au revoir, cher ami. A bientôt ! (au vénérable vieillard) C’est réglé.

Le vénérable vieillard (souriant) : Et fort bien réglé, monsieur, mes compliments... Je n’ai plus qu’à me retirer.

Castel-Bénac : Aucun doute là-dessus.

Le vénérable vieillard : Mais je voudrais vous demander une faveur....

Castel-Bénac : Laquelle ?

Le vénérable vieillard : Voulez-vous me permettre de copier la suite de la fiche de Vernickel ?

Castel-Bénac : Vénérable vieillard, je vous trouve un peu culotté !

Le vénérable vieillard : Dans ce cas, n’en parlons plus...

Castel-Bénac : Ah ! écoutez. Un mot. (Il l’entraîne dans un coin et lui dit à demi-voix.) Vous me feriez plaisir de sortir à reculons.

Le vénérable vieillard : Pourquoi ?

Castel-Bénac : Parce que si vous me tournez le dos, je ne pourrai pas m’empêcher de vous botter le derrière.

Le vénérable vieillard : Ah ! Fort bien, fort bien...

Il sort à reculons et, sur la porte, il s’enfuit.

La SNCF d’hier et d’aujourd’hui

2015-04-15 11.26.14RCela fait plus de quarante ans que je voyage, plus ou moins régulièrement, sur la ligne SNCF Paris-Marseille. Dans les années 70 il n'y avait pas encore de TGV et la plupart des voyages s'effectuaient de nuit, en wagon-lit, couchette, place assise, ou quand il n'y avait plus de place, dans le couloir. La tarification était simple et transparente : le prix du billet était le produit du nombre de kilomètres parcourus par un coefficient, le prix du kilomètre. En première classe, le prix était majoré de 50%. Le billet, le ticket plutôt, avait à peu près la taille d'un ticket de métro, et il avait une durée de validité de 2 mois. Si on ratait son train, on pouvait prendre le suivant. Pour être certain d'avoir une place assise, il fallait la réserver, la réservation pouvait s'acheter indépendammment du billet.
2015-04-15 12.38.44RLes choses se sont gâtées avec l'apparition du TGV Paris Méditerranée. Pour amortir le coût de construction de la nouvelle ligne, la SNCF aurait voulu pouvoir immédiatement faire payer les trajets en TGV plus cher que les trajets en train classique. Mais si la nouvelle ligne était plus rapide, elle était aussi plus courte. Du fait qu'elle était plus courte, le prix du billet aurait même dû baisser. L'Etat a cependant permis à la SNCF de déroger à la règle kilométrique et d'appliquer un tarif basé sur la longueur de l'ancienne ligne. Et la SNCF a rendu la réservation obligatoire sur tous les TGV, puis a modulé les tarifs des réservations en fonction de l'affluence, et nous en sommes petit à petit arrivés à la situation d'aujourd'hui : des prix qui augmentent au fur et à mesure que la date de départ s'approche, des billets parfois remboursables, parfois non, des premières pour un euro de plus que les secondes, des IDTGV qui n'appliquent pas les réductions SNCF, familles, jeunes, seniors... Des Paris-Marseille souvent à plus de 100€, mais des Ouigo Marne-la-Vallée Marseille à 10 €. Le paradoxe est qu'à force d'augmenter les prix durant les périodes de pointe, on voyage dans des trains à moitié vides. Les passagers potentiels ont pris leur voiture ou ont opté pour le covoiturage. D'autres achètent des billets à l'avance quand ils sont bon marché, pour les revendre quelques jours avant le départ. Tout est fait pour que le passager qui se présente en gare à la dernière minute paie le prix fort.
Je ruminais ces pensées (c'était mieux avant...) en m'approchant de mon wagon, gare de Lyon, quand j'ai aperçu la contrôleuse, stationnée sur le quai. La même contrôleuse qui est venue contrôler mon billet. Et là j'ai réalisé que la SNCF avait changé de siècle.

Stopper les immigrants, par Katie Hopkins.

Katie Hopkins at The Oxford Union to speak to students, Britain - 27 Nov 2013La journaliste et vedette de télévision Katie Hopkins, connue outre-manche pour ses positions (de droite) controversées, a écrit un article consacré aux émigrants africains, publié dans Le Sun vendredi 17 avril, qui a provoqué l'émoi des médias internationaux. Les commentaires de la presse française ont été nombreux, le sujet est relancé par le drame survenu dimanche et j'ai pensé qu'il serait intéressant de retrouver l'article original, que j'ai (péniblement) traduit pour vous, accompagné des photos qui l'illustraient :

17 Avril 2015, par Katie Hopkins, éditorialiste au Sun :

Des bateaux de sauvetage ?
Pour repousser les immigrants clandestins, j'enverrais plutôt des navires de combat.

Ne vous méprenez pas, ces immigrants sont des cafards.

Calais01

Et je m'en fiche. Montrez-moi des photos de cercueils, de corps entre deux eaux, jouez-moi du violon et montrez-moi des photos de jeunes gens émaciées et tristes, je m'en fiche. Vous allez ensuite me montrer les photos des mêmes, à Calais, proliférant comme la gastro sur un paquebot.

Est-ce que j'ai pitié d'eux en les voyant grimper sur les camions anglais pour voler leur passage vers le Royaume-Uni ? Oui, j'ai pitié... des chauffeurs britanniques, qui paient des amendes chaque fois qu'un de ces fléaux humains atterrit dans leur camion.

Entendons-nous bien, ces deux populations n'en font qu'une. Les migrants qui harcèlent les chauffeurs de poids-lourds britanniques au port de Calais sont les mêmes que les vagabonds qui entreprennent ce périple à travers la Méditerranée.

Et il n'y a pas moyen de les arrêter. 170 000 sont venus l'an dernier.

Calais02

Lors d'une récente opération de secours des garde-côtes italiens au large de la Libye, les passeurs, ces trafiquants d'êtres humains, ont menacé l'équipage avec des kalachnikovs pour qu'ils fasse marche arrière. De toute évidence, le nombre de bateaux est insuffisant. C'est une bonne chose pour nous. Pas de bateaux, pas d'immigrés.

Il y a pourtant une solution simple. Il est temps que les Italiens arrêtent de pousser la chansonnette, de boire des espressos et de se la péter. Il est temps qu'ils agissent, comme les Australiens.

IMMIGRATION PATROL AUSTRALIA ARMED SPECIAL FORCES ON THEIR WAY TO CAPE YORK FOR A ROUTINE IMMIGRATION PATROL 1999

Les Australiens, à la différence des Britanniques, ont des couilles et des coeurs en acier, des cerveaux qui fonctionnent, et de super bateaux de combat. Nous devrions adopter leur comportement vis-à-vis des bateaux de migrants en Méditerrannée. Ils les intimident jusqu'à ce qu'ils fichent le camp, en leur jetant à la figure des canettes de bière, dans une version australienne de la lapidation de la charia. Et leur système fonctionne. Le nombre de bateaux de migrants a diminué de moitié depuis que le Premier ministre australien Tony Abbott a pris les choses en main.

Nous n'avons nul besoin d'un nouveau plan de sauvetage. Le précédent projet, Mare Nostrum (recherche navale et opérations de sauvetage italiens), 7 millions £/ mois, a été payé (en partie) par les contribuables britanniques. Et nous n'avons nul besoin d'une nouvelle campagne "sauvez les enfants" pour encourager plus de migrants à faire le voyage. Nous avons besoin de navires de guerre pour renvoyer ces bateaux dans leur propre pays.

Asylum Seekers Transported To Christmas Island After Interception

Ils veulent une vie meilleure ? Qu'ils se montrent créatifs... chez eux, en Afrique du Nord.

La Grande-Bretagne n'est pas l'Eldorado. Nous ne sommes pas le Paradis. Certaines de nos villes sont des plaies purulentes, en proie à des nuées d'immigrés et de demandeurs d'asile, qui dépensent leurs allocations comme des billets de Monopoly. Ne vous méprenez pas, ces immigrés sont des cafards, ils ont peut-être l'air étiques, mais ils sont bâtis pour résister à une bombe nucléaire. Ce sont des "survivants".

Une fois que les frégates les auront repoussés sur leurs côtes, il faudra confisquer leurs bateaux et les incendier dans un immense feu de joie. Faire quelques trous au fond de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bateau serait aussi une bonne idée : la ceinture et les bretelles. Faute de réfléchir calmement et de faire le lien entre les migrants de Méditerranée et les Africains qui s'accrochent aux camions à Calais, nous ne trouverons pas de réponse appropriée.

Si vous pensez qu'envoyer une flotte de navires de secours est une bonne idée, je vous suggère de mettre en place une liaison maritime entre la Libye et l'Italie et pour faire bonne mesure, de faire prélever vos impôts au profit de l'Afrique. Mais si vous pensez comme moi, il est temps de faire comme les Australiens. De leur envoyer des bateaux de guerre, de repousser les migrants sur leurs côtes et de brûler leurs bateaux.

Tout compte fait, je ne m'en fiche pas, j'ai beaucoup de sympathie pour les chauffeurs routiers et pour les contribuables britanniques.

version originale :
Make no mistake these migrants are like cockroaches
April 17, 2015, By Katie Hopkins, Sun columnist
No, I don’t care. Show me pictures of coffins, show me bodies floating in water, play violins and show me skinny people looking sad. I still don’t care. Because in the next minute you’ll show me pictures of aggressive young men at Calais, spreading like norovirus on a cruise ship. Watching them try to clamber on to British lorries and steal their way into the UK, do I feel pity? Only for the British drivers, who get hit with a fine every time one of this plague of feral humans ends up in their truck. Understand this, these two populations are the same. The migrants harassing Brit truckers at the port are the same as the vagrants making the perilous trip across the Med. And there is no stopping them. 170,000 came last year. During a recent operation by the Italian coastguard to rescue migrants off the coast of Libya, the people traffickers threatened crew with Kalashnikovs to get their vessel back. Clearly, boats are in short supply. And that is a good thing. No boats, no migrants. There is a simple solution to this. It’s time for the Italians to stop singing opera, drinking espresso and looking chic in chuffing everything. It’s time to get Australian. Australians are like British people but with balls of steel, can-do brains, tiny hearts and whacking great gunships. Their approach to migrant boats is the sort of approach we need in the Med. They threaten them with violence until they bugger off, throwing cans of Castlemaine in an Aussie version of sharia stoning. And their approach is working. Migrant boats have halved in number since Australian Prime Minister Tony Abbott got tough. We don’t need another rescue project. The now defunct £7million-a-month Mare Nostrum — Italy’s navy search and rescue operation — was paid for (in part) by British taxpayers. And we don’t need a campaign from Save the Children to encourage more migrants to take the journey. What we need are gunships sending these boats back to their own country. You want to make a better life for yourself? Then you had better get creative in Northern Africa. Britain is not El Dorado. We are not Elysium. Some of our towns are festering sores, plagued by swarms of migrants and asylum seekers, shelling out benefits like Monopoly money. Make no mistake, these migrants are like cockroaches. They might look a bit ‘Bob Geldof’s Ethiopia circa 1984′, but they are built to survive a nuclear bomb. They are survivors. Once gunships have driven them back to their shores, boats need to be confiscated and burned on a huge bonfire. Drilling a few holes in the bottom of anything suspiciously resembling a boat would be a good idea, too, just for belt and braces. Unless we take the emotion out of this and start connecting the migrants in the Med with the Africans clinging to trucks in Calais, we cannot deliver an appropriate response. If you think rescue boats are a good idea, you may as well set up a Libya to Italy P&O ferry service and send your taxes to Africa by direct debit for good measure. Or if you think like me, then it’s time to get Australian. Bring on the gunships, force migrants back to their shores and burn the boats. As it turns out, I do care. I care passionately about British truckers and taxpayers in the UK.

Chevalier de la Coquille

ChevalierCoquilleAprès avoir été élu successivement Maire et Conseiller Départemental, Thierry Simelière a été intronisé Chevalier de la Coquille Saint-Jacques des Côtes d'Armor. La fête de la coquille a connu un grand succès samedi et dimanche dernier avec plus 60 000 visiteurs, 10 000 repas servis, 26 tonnes de coquilles vendues...

cacher des fichiers dans une image

Vous souhaitez mettre à l'abri quelques informations confidentielles, des codes de banque, des images, des fichiers audio ou vidéo... Un moyen simple consiste à regrouper les fichiers correspondants dans une “archive.zip”, et à cacher cette archive dans une “image.jpg”, que vous pourrez conserver sur votre ordinateur avec vos albums photos, envoyer par email, etc. Le principe consiste à coller le code binaire de l'archive à la suite du code de l'image par une commande dos :
copy /b image.jpg+archive.zip hide.jpg
Cela aura pour effet de créer une image “hide.jpg”, contenant à la fois l'image jpg et l'archive zip avec tous ses fichiers. Pour ouvrir l'image, il suffit de double cliquer dessus, pour ouvrir l'archive, il faut ouvrir l'image avec un logiciel de décompression d'archive zip, comme winzip, 7-Zip (gratuit), etc. Noter que l'utilitaire de décompression de Windows ne fonctionnera pas.
Pour éviter d'avoir à ouvrir une fenêtre d'invite de commande, je crée un fichier batch qu'il suffira de double-cliquer pour lancer la copie de l'archive dans l'image, voici ma méthode :

Méthode pour cacher des fichiers dans une image :

CacherUnFichierDansUneImage11) Créer un répertoire, hide par exemple
2) Créer un fichier texte et copier la ligne suivante :
copy /b image.jpg+archive.zip hide.jpg
3) Enregistrer le fichier sous le nom hide.bat, dans le répertoire (hide)
4) Copier l'image source dans le répertoire (hide) et la renommer en : image.jpg
5) Compresser les fichiers à cacher dans un fichier archive.zip (dans hide)
6) hide comprend désormais 3 fichiers : hide.bat, image.jpg et archive.zip
7) double cliquer sur le fichier hide.bat,
une fenêtre de commande apparait (plus ou moins longtemps selon la taille du fichier zip)
et un nouveau fichier est créé : hide.jpg
8) ouvrir (double clic) le fichier hide.jpg, l'image d'origine s'affiche
9) Pour retrouver les fichiers cachés, ouvrir le fichier hide.jpg comme si c’était une archive Zip (bouton droit → Ouvrir avec)
10) l'image hide.jpg peut être renommée, mais la modifier entraîne la perte des données cachées
hideExemple : L'image de droite, une photo du roi George VI dans toute sa splendeur, renferme le discours de déclaration de guerre à l'Allemagne, prononcé le 3 septembre 1939. Cliquez sur l'image, elle s'affiche dans une nouvelle fenêtre. Enregistrez-la sur votre ordinateur. Ouvrez-la avec WinZip ou 7-Zip, vous verrez que l'archive contient un document texte, archive.txt, le discours du roi George VI.
Erreurs courantes :
- nommer le fichier hide.bat.txt et non hide.bat
- ne pas respecter la casse, les extensions doivent être en minuscules : jpg et non JPG
Compléments :
- hide.bat peut-être nommé différemment, à condition de conserver l'extension .bat
- les noms des fichiers sources, image.jpg et archive.zip peuvent être changés, à condition de changer aussi les noms dans le fichier.bat, cependant, s'il existe des espaces dans les noms des fichiers, remplacez le contenu du fichier .bat par copy /b "image.jpg"+"archive.zip" "hide.jpg"
- le nom du fichier cible, hide.zip peut aussi être changé
- le script fonctionne aussi avec des fichiers gif, renommer jpg en gif

le mystère du Papilu

Le Papilu, vous vous souvenez ? C'est le caseyeur qui a fait naufrage le 5 décembre 2013 aux abords de Saint-Quay-Portrieux.

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Les circonstances du naufrage, en résumé, d'après le récit de l'équipage rescapé :

Peu après minuit, alors que le Papilu navigue à une vitesse de 12 noeuds, le capitaine et le matelot ressentent un choc sur tribord. Après avoir stoppé et inspecté le compartiment moteur, le capitaine reprend sa route. Un quart d'heure plus tard, le bateau arrive sur la zone de pêche et le matelot gaffe la bouée pour remonter le bout. Le bateau prend de la gite à tribord. Le capitaine constate que le compartiment moteur est noyé et que le bateau s'enfonce, il comprend qu'il n'y a plus rien à faire, il met à l'eau le radeau de survie et embarque avec le matelot, en même temps qu'il jette à l'eau la balise COSPAS-SARSAT.

Les deux naufragés sont repérés et secourus à 3h15 par la vedette de sauvetage SNS 156 de la station SNSM de Saint-Quay-Portrieux.

L'épave est renflouée le 11 décembre et ramenée sur l'aire de carénage du port d'échouage de Saint-Quay-Portrieux, d'où elle n'a pas bougé depuis.

BEAOuest France, dans son édition du 26 juillet 2014 et le Télégramme, dans son édition du 9 août 2014, évoquent une enquête de gendarmerie et un naufrage suspect. Alain Le Coz, le vice-procureur de Saint-Brieuc, soupçonnerait “un cas de baraterie”, c'est-à-dire une fraude à l'assurance.

Le Bureau d'enquêtes sur les événements de mer (BEA mer), dans un rapport, publié en septembre 2014, écrit dans ses conclusions :
“ La présence d’un nombre significatif d’impacts circulaires autour de la perforation reste inexpliquée.
Aucune trace de ragage n’a été constatée sur la coque alors que le navire faisait route à 12 noeuds au moment du choc.”

2015-04-07 15.12.39RJ'ai pris une photo de l'épave le 7 avril 2015. Autour de la voie d'eau, on distingue deux types d'impacts : les impacts circulaires cités par le BEA Mer, mais également des traces oblongues correspondant à des impacts en direction de la proue.
Le choc contre une roche à une vitesse de 12 noeuds aurait provoqué une déchirure longitudinale et des éraflures, dues au ragage, dans le sens de la proue vers la poupe.
J'imagine pour ma part l'action d'un marteau avec une extrémité pointue, comme un marteau de géologue ou de maçon, tenu de la main droite, le bras décrivant un mouvement dans le plan horizontal, de gauche à droite. L'accumulation des coups aurait fragilisé la coque en aluminium et provoqué la brêche.

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marteau de maçon

Dans la première partie de son rapport, dans le chapitre consacré aux “faits”, le BEA cite, sans mettre de guillemets,  la version du capitaine et de son matelot. Les déclarations de l'équipage ont-elles été corroborées par d'autres observations ?

Supposons que le capitaine-armateur ait décidé de couler volontairement son bateau, par la méthode qui consiste à percer la coque à coups de marteau. Comment procède-t-il ?

1) Il fait échouer le bateau sur un banc de sable à marée basse, il descend et crée une brêche avec un marteau, juste au-dessus de la ligne de flottaison. Lorsque la mer remonte et que le bateau flotte à nouveau, il rejoint un point d'amarrage et en s'aidant d'un bout, il fait giter le bateau de façon à ce qu'il embarque de l'eau... oui, mais même si le jour de l'accident correspond à marée de vive-eaux, ça ne colle pas au niveau horaires : en effet, la basse mer était à 2h36. Solution à éliminer, donc.

2) Il ancre le bateau quelque part en eau profonde, il met le radeau de survie à l'eau, il l'amarre au bateau et depuis le radeau de survie, il fait un trou dans la coque avec un marteau... pas facile, de percer une coque en pleine mer, la nuit, depuis un radeau de survie... J'élimine cette solution.

3) Il fait un trou dans la coque le jour J-1, il colle une plaque d'aluminium avec du silicone, et le jour J, il retire la plaque et les traces de silicone... compliqué, et il était beaucoup plus simple de foncer droit dans un récif à peine vitesse.

Aucune de ces solutions ne me satisfait, le mystère reste entier, qu'est-ce qui a bien pu causer cette brêche ?

Je ne dispose pas d'autres informations que celles que j'ai pu trouver sur internet et des photos que j'ai prises de l'épave. Et de fait, si j'avais eu des informations émanant des autorités, mon devoir de réserve m'aurait interdit d'écrire cet article.

Tout le mystère dans cette affaire tient à cette voie d'eau qui ne colle pas avec le choc présumé.

Je ne pense pas que le BEA mer ait fait des prélèvements sur la coque, ce serait indiqué dans le rapport. Il aurait été judicieux, pour les besoins de l'enquête de gendarmerie, de prélever la partie de la coque correspondant à la voie d'eau, de façon à la mettre à l'abri des regards, des intempéries, des dégradations, et de façon à analyser en laboratoire la surface de la coque : les impacts doivent ou devaient certainement présenter des traces des matériaux qui les ont provoqués : acier ou inox s'il s'agit d'un marteau, minéraux s'il s'agit d'une roche. A-t-on ouvert la coque pour examiner si de la roche avait pénétré dans la double coque ? A-t-on analysé cette roche pour déterminer sa provenance ? L'enquête est-elle encore en cours, ou l'affaire est-elle classée ?

des orchidées sur les toits

Dîner Parisien, samedi soir, avenue d'Italie.

Au pied des tours, l'église Saint-Hippolyte semble toute petite (20h33) :
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Les orchidées se plaisent au 27ème étage où elles refleurissent chaque année (21h31) :
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La purée de rattes du Touquet aux tranches de truffes d'été et de Bourgogne était délicieuse :
2015-04-11 21.35.57R