Le feu d’artifices du 9 août 2017 à La Grande Motte

A La Grande Motte, durant les mois de juillet et d’août il y a un feu d’artifices tous les mercredis soirs, chacun d’entre eux est confié à un artificier différent, ce soir c’était la socité IGUAL, de Barcelone. Photo prise de La Grande Pyramide (NIKON COOLPIX P610 ouverture : f7.6 / vitesse : 4s / longueur focale : 95 (35mm), sans pied (bras en appui sur garde-corps) :

à Levallois, l’opération sentinelle ne sert à rien…

… et pas qu’à Levallois ! Il faut confier notre sécurité intérieure à la police nationale et à la gendarmerie et pas à des militaires dont la présence ne dissuade pas les fauteurs de troubles mais au contraire les attire et les stimule.

Ironie du sort, l’attentat d’aujourd’hui à Levallois, c’était Place de Verdun, devant la salle des fêtes où nous nous étions retrouvés après les obsèques de Thomas. Ce n’est pas une place, c’est juste une rue, qui longe au nord le HLM de style stalinien de l’époque communiste de Levallois (avant Balkany) et au sud le pavillon des fêtes et le parc de la Planchette. Depuis la photo, la plate-forme autour de la salle des fêtes a été végétalisée comme le parc.

Cette rue est censée être fermée à la circulation, mais les bornes qui empêchent l’accès sont en permanence baissées. Car au pied du HLM, stationnent les véhicules des militaires de l’opération sentinelle, ils occupent aussi des locaux au rez-de-chaussée. Je connais bien l’endroit car je m’y suis rendu à plusieurs reprises pour préparer la réception à l’issue des obsèques de Thomas. Je m’y suis rendu à pied, en scooter et en voiture, j’ai stationné plusieurs fois mon scooter ou ma voiture. Nous sommes entrés et sortis dans l’enceinte de la salle des fêtes. A aucun moment les jeunes soldats ne m’ont demandé quoi que ce soit. Je les voyais, indolents, assis ou faisant les cent pas, avec l’air de s’ennuyer ferme, et absolument pas aux aguets, comme s’ils étaient sûrs que rien ne devrait arriver. Quand ils marchent à plusieurs avec leurs fusils mitrailleurs, aucun ne se retourne pour assurer les arrières. Ils ne contrôlent ni les piétons ni les véhicules qui passent ou qui stationnent. Quand on stationne des forces de sécurité au pied d’un HLM public où on peut accéder (et s’échapper) de tous les côtés (sans compter les jets éventuels de machines à laver et autres projectiles depuis les fenêtres), la moindre des choses est de contrôler les accès, de jour comme de nuit.

Ça m’a choqué au point que j’ai failli écrire un article là-dessus, mais je ne voulais pas mettre en danger ces forces censées nous protéger, mais qui ne sont même pas capables d’assurer leur propre sécurité. Je pense sérieusement que les jeunes guetteurs qui assurent la sécurité de la vente de drogue dans les halls d’immeubles de la Seine-Saint-Denis sont infiniment plus vigilants et aguerris que ces pauvres militaires à qui je ne confierais même pas la surveillance d’une entrée de supermarché.

Le chauffard, Hamou Benlatreche, était seul dans sa BMW (série 2), aucun des nombreux soldats n’a réussi à l’arrêter ou à stopper sa voiture, pourtant les militaires étaient tous armés et les sorties de la Place de Verdun sont sinueuses et étroites. Ont-ils seulement tiré une balle ? Si l’agresseur avait été armé ne serait-ce que d’un Glock 17 (comme celui d’Adam Djaziri), il aurait fait un carnage. J’avais l’impression quand je passais là que les militaires étaient en vitrine, comme des poupées de foire. Il faut vraiment que les pouvoirs publics s’interrogent sur l’utilité, sur le professionnalisme et sur la motivation de ces forces de l’ordre, il faut surtout définir un cahier des charges, rédiger une feuille de route, tester à l’improviste les réactions des militaires, etc.

Levallois est une ville sensible, la ville abrite une forte communauté juive alimentée depuis peu par l’exode des juifs chassés par les arabo-musulmans des banlieues cosmopolites de Paris, notamment la Seine Saint Denis, mais elle est surtout le siège de la SDAT (sous direction anti-terroriste), de l’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), et j’en passe… De quoi attirer les antisémites, les antimilitaristes et les allahouakhbaristes de tous poils.

Mais qui sont les hommes de l’opération sentinelle ? Sûrement pas de vrais soldats, de ceux qui font la guerre contre des vrais ennemis, de ceux qu’on parachute en terrain hostile, de ceux qui se battent contre des vrais méchants comme les islamistes de Daesh. J’imagine plutôt que l’armée a envoyé des plantons, des novices, des bleus comme on dit, mais pas ses meilleurs éléments qu’elle réserve aux théâtres d’actions de pointe.

Alors, arrêtons l’hypocrisie et renvoyons tous ces gens, ceux de l’opération sentinelle, ceux du plan vigie-pirate, ceux qui fouillent les sacs à l’entrée des centres commerciaux, les agents de sécurité des aéroports… et confions notre sécurité intérieure à de vrais professionnels sérieux, formés et aguerris : la police nationale et la gendarmerie.

PS1 : Patrick Balkany a été le premier maire de France à faire installer des caméras de vidéo surveillance dans sa ville, suscitant énormément de critiques notamment de la part des communes de gauche qui ont depuis adopté le même dispositif. Un maire présent dans sa ville et disponible même en plein mois d’août.

PS2 : Le suspect a été interpellé sur l’A16 à 13h30, entre Boulogne et Calais, l’homme a essayé de s’enfuir, il a été blessé par balle par la police.Un policier aurait été blessé aussi, par le tir d’un autre policier (Le type n’était pas armé, ce qui prouve que les policiers sont aussi nuls que les militaires, à qui se fier ?). Le suspect, Hamou Benlatreche, un algérien en situation irrégulière en France, et bien connu des services de police, est domicilié à Bezons où son domicile a été perquisitionné, son action a peut-être été inspirée par des idéaux islamiques.

PS3 : Les militaires armés jusqu’aux dents se laissent rouler dessus sans tirer une seule balle. Les policiers tirent sur tout ce qui bouge y compris sur leurs collègues, même quand les suspects ne sont visiblement pas armés. Il ne suffit pas de donner des armes aux militaires et aux policiers, il faut leur apprendre à s’en servir afin qu’ils tirent à coup sûr sur les délinquants, et que sur les délinquants.

Pleine lune du 8 août 2017

La pleine lune, c’était hier, j’ai pris une photo, mais elle n’était pas excellente car le ciel n’était pas complètement dégagé et la. J’ai repris une photo ce soir, sans pied, mais en appui sur un garde-corps, la lune n’est plus tout à fait pleine, elle commence à se faire grignoter en haut à droite. La lune n’était pas très haute au-dessus de l’horizon, c’est préjudiciable à la qualité de l’image car la couche d’atmosphère traversée est plus importante. A comparer avec la photo prise le 27 octobre 2015.

Les nouvelles mobilités électriques et la loi

On assiste depuis quelques années au développement foisonnant de petits engins à propulsion électrique. Je les classerai en deux familles :

Les vélos et trottinettes électriques.

Le vélo à assistance électrique (VAE) est apparu en France en 1995, l’invention du moteur moyeu, intégré dans une des roues (ou les deux), à permis de réduire le coût de fabrication et d’accroître sa diffusion.

A condition que la puissance du moteur ne dépasse pas 250 W, que l’assistance électrique ne s’enclenche que si on pédale (même doucement) et qu’elle cesse dès que la vitesse atteint 25 km/h, le VAE est assimilé à un vélo : pas d’immatriculation, assurance facultative, autorisation de circuler sur la voie publique et dans les voie de bus, etc. La législation est moins contraignante à l’étranger y compris dans plusieurs pays européens.

Mais la technique du moteur électrique dans le moyeu a donné naissance à toute une famille de deux roues : vélos électriques puissants, pouvant aller jusqu’à 2000 W (avec un moteur à l’avant et un à l’arrière), vélos sans pédales, trottinettes, scooters…

Les vélos électriques puissants sont assimilés à des cyclomoteurs, ils doivent être immatriculés, assurés, le port du casque est obligatoire et ils n’ont pas le droit de circuler dans les voies de bus.

Mais personne n’en achète, les électrocyclistes préfèrent débrider leurs VAE, car les moteurs 250 W sont capables de développer au moins 400W, ou équiper leur vélo, en toute discrétion d’un moteur moyeu de 750 ou de 1000 W et d’une batterie puissante.

Les vélos sans pédales, les trottinettes et les scooters sont assimilés à des piétons : ils doivent circuler sur les trottoirs, à une vitesse ne dépassant pas 6 km/h.

Les scooters électriques qu’on peut louer dans les stations balnéaires, comme à La Grand Motte ou au Grau du Roi (photo), sont assez puissants pour dépasser allègrement les 25 km/h. Ils circulent à la fois sur les trottoirs (quand il y a la place) et sur la voie publique, ne sont pas immatriculés, et leurs conducteurs ne portent pas de casque. Sur la chaussée les conducteurs se mettent en danger car outre le non port du casque et des gants, le scooter n’est pas équipé des dispositifs de sécurité réglementaires, clignotants, feu stop, rétroviseurs, sur les trottoirs, ils sont dangereux pour les piétons car ils roulent vite et sans bruit. Les forces de l’ordre laissent faire. L’assemblée nationale consultée sur la réglementation des nouvelles mobilités électriques a répondu qu’on allait pas faire une loi chaque fois qu’un nouvel engin est inventé. 25€ de l’heure pour un scooter une place, 35€ pour un deux places, les loueurs ont encore de beaux jours devant eux.

Les gyropodes

C’est la société Segway qui a lancé en décembre 2001 le premier gyropode, constitué de deux roues coaxiales et d’un manche de conduite. Après sont venus les gyropodes à deux roues sans manche et enfin la gyroroue (gyropode à une roue). Ces gyropodes fonctionnent grâce à un système de gyroscopes et de capteurs associés à un puissant automate.

La loi française assimile les gyropodes à des piétons : ils doivent circuler sur les trottoirs, à une vitesse ne dépassant pas 6 km/h. Dans les faits ils vont un peu plus vite mais ne constituent pas pour autant un danger pour les autres piétons.

Un mois déjà…

Au départ ce blog était consacré à Saint-Quay-Portrieux où j’ai passé mes vacances d’été depuis 1977 et où j’ai résidé à plein temps de 2011 à 2016. Puis j’ai écrit sur mes voyages, sur ce qui m’interpellait dans l’actualité, sur des sujets divers et variés qui parfois n’intéressaient que moi. Et puis, il y a un mois pile aujourd’hui, Thomas quittait ce monde. Depuis, je lui ai consacré ce blog, pour préparer ses obsèques d’abord, puis pour recueillir des témoignages. Pour informer ses proches, ses amis, tous ceux qui l’ont côtoyé. Je continuerai à publier des témoignages, des textes et des photos sur Thomas…

Après les obsèques, la famille s’est retrouvée auprès des grand-parents paternels de Thomas, à Marseille, chez qui Thomas devait venir passer une semaine de vacances cet été. Pour le weekend du 15 août, nous nous retrouverons dans  sa famille maternelle, à Saint-Quay-Portrieux.

Pour ma part, je suis dans le midi depuis un peu plus de deux semaines, à Marseille et à La Grande Motte. Les températures ont été caniculaires, mais ça rend la piscine et la mer d’autant plus attrayantes.

Arrivés vendredi soir à La Grande Motte, nous sommes allés nous baigner en mer à 21h30, l’eau était à 26° et l’air à 36°, avec un peu de vent, même pas besoin de serviette pour se sécher.

Aujourd’hui dimanche, en milieu de matinée, j’ai loué pour une heure un « standup pedalboard » (vidéo ci-dessus), pour ceux qui ne connaissent pas, ça a la forme d’une planche de paddle, et c’est équipé de deux pédales, comme des pédales de step, et d’un guidon de vélo avec deux leviers de freins qui permettent de se diriger. J’ai fait plusieurs aller-retour du bord à la bouée des 300m en me laissant porter par les vagues au retour. A côté de ça, les paddle classiques avancent à l’allure d’un escargot. J’imagine que ce concept aura du succès. La planche est commercialisée par Hobie, sous le nom de « Mirage Eclipse ». Ça existe depuis le printemps 2016. Sur la vidéo ci-dessous, les planchistes placent leur pieds tout à l’arrière des pédales, pour ma part, je les met plus en avant, ça fait moins de débattement et ça suffit à avancer, peut-être moins vite, mais une heure, c’est long. Le tarif de location (La Grande Motte) : 20€ de l’heure, pas de caution ni de carte d’identité demandée, juste un papier à remplir.

L’après-midi, nous sommes allés nous balader en vélo au Grau du Roi, un grand catamaran était sur le point de partir, nous avons embarqué pour une croisière d’une heure à la voile qui nous a amené jusqu’à La Grande Motte, retour au Grau du Roi en passant devant Port Camargue. Sortie très agréable, le bateau est très stable, aucun roulis, seul un léger tangage face à la houle. Le tarif : 8€ pour une sortie d’une heure.

Bain de mer au retour, l’eau est tellement chaude qu’on y resterait durant des heures.

Wish you were here

Thomas, mon amour, marmotton…
Le sommeil était ton refuge, et aujourd’hui tu dors profondément.
Tu me parlais souvent de tes tourments, de tes cauchemars, j’espère que tu n’as plus peur à présent, que tu te sens bien là où tu es, libre, enfin…
C’est la seule chose qui pourrait m’apaiser…
Pour ma part, mon rêve éveillé à tes côtés s’est transformé en cauchemar en une fraction de seconde. Je suis terrorisée.
Depuis que tu n’es plus là, je me sens nue… exposée aux yeux de tous, vidée, dévastée. J’ai perdu mon enveloppe protectrice… ma carapace, faite de ton amour et de ta force.
Une partie de moi s’est envolée avec toi.
Nous avions souvent évoqué ensemble l’invention qui nous ferait rêver, et notre choix se portait toujours sur la téléportation… nous souhaitions pouvoir nous envoler tous les 2 sur une île déserte pour échapper à la réalité quelques minutes…
Quelques minutes ne sont plus suffisantes aujourd’hui, et je préférerais une machine à remonter le temps, pour pouvoir fuir ma réalité, et retourner à jamais dans celle qui était la nôtre.
Je serai toujours celle que tu appelais ta loupiote, prête à clignoter pour toi en permanence, prête à t’éclairer, à te guider, dans tes joies et dans tes peines… dans ton sommeil à présent…
Tu m’appelais ton souriceau, et rêvais de pouvoir me glisser dans ta poche, pour que l’on soit ensemble en permanence. J’espère qu’aujourd’hui et pour toujours, tu resteras là contre moi…
Mon loup… mon ptit loup… je t’ai aimé au 1er regard… au 1er glaçon. Je t’aime, comme jamais tu n’as pu te l’imaginer… et je t’aimerai toute ma vie…
J’aimerais pour finir, et pour rendre hommage à ton amour de la musique, prononcer le titre d’une chanson qui prend tout son sens aujourd’hui…
wish you were here…

Ce n’est pas possible

Thomas.

Ce n’est pas possible. Je me répète ça des dizaines de fois pas jour. Comment aurait-on pu imaginer une chose pareille, comment peut-on comprendre et accepter.

Dans 15 jours nous devions passer nos vacances ensemble, toi, Juliette, mon fils et moi.

Les vacances d’été, ça me rappellera toujours toi. Nous passions tous nos étés ensembles à Plein Soleil depuis que nous sommes nés. Il y avait ces running gag qui nous duraient toutes les vacances, les moments dans la piscine, les goûters dans la pénombre de la cuisine pour ne pas avoir trop chaud. Ces repas familiaux où on parlait trop, trop vite et où on éclatait de rire.

On est né la même année, toi avant moi et tu as toujours été un peu plus vieux que moi de quelques mois. Maintenant les choses vont s’inverser, l’année prochaine j’aurai 30 ans, tu n’en auras toujours que 29. Je vais vieillir et tu seras toujours jeune. Le petit dernier pour tes parents, le plus jeune de mes cousins, le jeune Thomas éternellement jeune.

On a fait médecine ensemble avec les difficultés et les moments de doutes qu’induisent ces trop longues études. Et on a réussi ensemble. On a choisi cette belle discipline qu’est la médecine générale avec toutes les possibilités qu’elle offre. Après 11 ans d’études, on en voyait enfin le bout et on pouvait se projeter.

Ta vie, elle est bien remplie, pleine de famille, de rires, d’amis, d’amour, de réussite. Ta vie, elle était de 0 à 29 ans. Elle n’est pas autre chose. Et nous, on a beaucoup de chagrin parce qu’on ne le savait pas.

Sigolène

Un tourbillon de vie

Avec Charlotte, François, Thomas et moi même (Adrien), chaque repas ou réunion de famille était comme un film de Woody Allen, où tous les protagonistes s’interrompent, parlent les uns sur les autres, s’invectivent, font de l’esprit (enfin je crois), se disputent parfois, rigolent beaucoup.

Combien de fois avons-nous entendu Maman voler au secours des invités imprudents qui s’aventuraient à notre table. « Ne parlez-pas tous en même temps », « Parlez moins vite », « Finissez vos phrases », nous disait-elle.

Thomas ne dérogeait pas à la règle. A ce petit jeu il était peut-être le meilleur d’entre nous (ou le pire, c’est selon). Il était un vrai tourbillon. Un tourbillon de paroles, un tourbillon de gestes, un tourbillon de vie, un tourbillon d’amour, un tourbillon d’humour, un tourbillon d’humeurs, aussi.

Il y a quelques années, j’avais passé une soirée avec Thomas et une de mes proches amies qui le voyait pour la première fois. Avant même la fin de la soirée, elle m’avait dit, en rigolant : « Ah mon dieu, un seul Roques c’est déjà dur à suivre, mais là avec deux, je vois double, j’entends double, je ne comprends rien, vous êtes insupportables ». Cela m’avait empli de joie. Comme si je ne m’étais pas encore rendu compte, que malgré toutes nos différences, nous étions tous, tous les 4, si semblables, si proches.

Il y a deux semaines, passée l’effroyable nouvelle, nous nous sommes mis à pleurer en pensant à tous les échanges que nous avions eu chacun avec Thomas. S’ils n’étaient pas toujours réguliers, ils étaient toujours bourrés de références, de clins d’œil, de codes, d’humour, compris de nous seuls, et peu de mots suffisaient pour nous comprendre. J’ai pleuré en pensant à ces références que lui seul et moi connaissions, à tout ce que j’ai pu partager avec lui en exclusivité et que je ne pourrais plus jamais partager.

Puis, nous avons voulu voir les choses autrement. Tenter de faire émerger, au-dessus des pleurs et des peurs, le bonheur que nous avions eu de vivre cette complicité, plutôt que le malheur d’en constater la fin. La tâche sera difficile, et longue, mais j’aime penser que c’est Thomas qui nous donnera la force de la surmonter. Tous ces échanges, ces références personnelles, ces moments partagés, nous les avons vécus, plus personne ne pourra nous les enlever, plus rien ne pourra les abimer. Nous gardons ces instants ancrés en nous, intacts, cristallisés, ils y ont toute leur place, et nous comptons sur eux pour le restant de nos vies.

Ils ne sont pas idéalisés, embellis, faux, mais vrais, pleins, et nous voulons qu’ils nous rappellent Thomas comme il était tout entier, avec ses qualités mais aussi ses défauts. Un tourbillon, qui était tout à la fois. Quelqu’un à la fois d’attachant, de sensible, d’impatient, d’aimant, de désordonné, de poli, de rigolo, de spirituel, de gentil, d’inquiet, d’intelligent, de pas ponctuel, de beau, d’insaisissable, de libre, de vivant.

Adrien Roques

ton âme est belle et pure

Thomas, nous tous ici présents, n’avions jamais imaginés nous trouver rassemblés ainsi autour de toi.
Tu es parti à un moment charnière, au moment où tu venais de faire un choix de vie, au moment où tu terminais tes études de médecine, au moment où tu avais plein de projets.
Ton avenir a été brisé mais ta trop courte vie a été bien remplie, la médecine t’a passionné depuis ton plus jeune âge, tu étais très doué en informatique, je me souviens quand tu as monté un ordinateur alors que tu n’avais que 13 ou 14 ans, tu étais curieux de tout, tu as voyagé, tu as fait beaucoup de rencontres, et par-dessus tout, tu cherchais un sens à la vie, tu avais choisi comme devise de ton compte Twitter :
« Docteur ès recherche du sens de l’existence ».
Tu as été baptisé à Sérignan, dans l’Hérault, près de Béziers, la ville où tu es né, ton parrain et ta marraine sont ici avec nous.
Tu es ici dans l’église où tu as a reçu ta première communion, où tu as fait ta profession de foi et ta confirmation, tout près de l’école primaire Sainte Marie et du collège Saint-Justin où tu as étudié.
Après cette cérémonie, nous irons au cimetière de Levallois où tu reposeras, nous passerons près de l’appartement où tu as grandi, près de la piscine où tu aimais nager, près du conservatoire où tu as appris à jouer du piano, près des anciens tennis qui jouxtaient le cimetière.
Notre famille n’habite plus Levallois et je remercie chaleureusement l’équipe municipale qui nous a accordé une dérogation pour t’inhumer au cimetière et qui nous a prêté le pavillon des fêtes où nous nous réunirons après les obsèques.
Je regrette aujourd’hui de ne pas t’avoir assez dit combien je t’aimais et je t’estimais. Il ne faut jamais oublier de dire aux gens qu’on les aime.
Thomas, tous ceux qui te connaissaient appréciaient ton intelligence, ton humour et ta gentillesse.
Les témoignages que j’ai reçus des praticiens chez qui tu exerçais, de tes co-internes, de tes amis de fac et de lycée disent tous la même chose :
Tu étais quelqu’un de bien.
Mon fils, je suis fier de toi et je suis heureux de tous les moments que j’ai passés avec toi.

Je voudrais vous lire un extrait d’un message que m’a envoyé Ingrid Reinhard, de l’hôpital Saint-Antoine à propos de Thomas :
« Je le revois arrivant chaque matin, son sac à dos sur l’épaule, d’où, rituellement et avant toute autre chose, il sortait sa grande bouteille de Coca Light toujours terminée bien avant la fin de la journée.
Je revois ses yeux rieurs trop souvent cerclés de cernes, son sourire et ses belles fossettes et je l’entends encore de son ton pince-sans-rire, faire ses blagues décalées mais drôles qui le rendaient différent mais tellement attachant.
Je me vois relire ses comptes-rendus toujours parfaits ou acquiescer lorsqu’il attendait mon aval pour débuter ou modifier un traitement.
Thomas était non seulement un excellent interne, efficace, prompt à la tâche et toujours gentil et prévenant avec les patients, l’équipe et ses co-internes, mais c’était surtout, même s’il s’en défendait, en jouant la désinvolture, un jeune homme tendre et très touchant.
J’aimerais pouvoir vous raconter tant d’autres choses… sa grosse voix, ses pantalons serrés, sa candeur à certains moments, ses cheveux en pétard… »

Et un autre témoignage, que je viens de recevoir :
« Ce weekend j’étais en Bretagne, en regardant le ciel étoilé samedi soir, j’ai vu une étoile filante : je pensais à Thomas à ce moment et me suis dit que Thomas a été lui aussi une étoile filante ; un être brillant dont le passage marque l’esprit mais dont la lumière s’est éteinte trop vite. »

Vous, ici présents, êtes venus parfois de très loin, vous avez interrompu vos activités, Thomas, tous tes amis n’ont pas pu venir, mais je sais qu’ils pensent très fort à toi, en ce moment.
Tu as laissé des traces dans nos mémoires et dans nos cœurs, nous ne t’oublierons pas, mon petit Tom, nous penserons très fort à toi et très souvent.
Je me souviens de ta naissance, dès que je t’ai vu, je me suis écrié : qu’il est beau. C’est vrai que tu étais beau, Thomas, mais tu avais aussi du cœur et ton âme était belle et pure.
Je prie pour qu’elle continue à s’épanouir, avec toutes les autres, avec celle d’Aurélien, ton cousin germain, parti il y a 3 ans à l’âge de 17 ans, je prie pour qu’elle continue de s’épanouir dans la lumière, dans la joie et dans la paix.

Message diffusé à l’hôpital Paul-Brousse en hommage à Thomas.

Madame, Monsieur,

Nous avons la profonde tristesse de vous faire part du décès de Thomas-Louis Roques, survenu brutalement à l’âge de 29 ans.

Thomas-Louis Roques a fait ses études de médecine à l’université Pierre et Marie-Curie (Paris VI). Il effectuait sa dernière année d’internat dans le département de psychiatrie et d’addictologie du site Paul-Brousse.

Estimé pour sa compétence, son intelligence et sa justesse clinique, Thomas-Louis Roques a également marqué ses collègues par sa bienveillance et son souci de l’autre, qui s’exprimaient aussi bien à l’égard des patients que des professionnels. Ceux qui ont eu le plaisir de travailler à ses côtés durant les derniers mois garderont en mémoire son humour très fin et son sourire. L’ensemble du département de psychiatrie et d’addictologie, à qui il manque déjà, ne l’oubliera pas.

Nous nous associons à la douleur de sa famille et de ses proches et leur adressons nos plus sincères condoléances. Les obsèques auront lieu jeudi 20 juillet à 10h, à l’église Saint Justin, Parvis Jean-Paul II, Place d’Estienne d’Orves, à Levallois-Perret.

Elsa Genestier Pr Jacques Duranteau Pr Amine Benyamina
Directrice du groupe hospitalier Président de la CMEL Chef du département de psychiatrie et d’addictologie de Paul-Brousse